En réation à un article des Echos au sujet de l’innovation et des politiques d’aides à la création

Un article récent des Echos (Jeudi 31 Mai), proposé par Philippe Albert, Pdt d’honneur de l’Académie de l’entrepreneuriat, parle des politiques d’aides à la création et souligne les idées répandues…mais fausses à ce sujet. L’article souligne aussi la mauvaise utilisation des résultats de Recherche par les institutions et personnes chargées des politiques publiques et économiques

En résumé, trois idées sont battues en brèches :

  1. L’essaimage d’entreprises provient essentiellement des grands groupes….alors que les travaux de recherche à ce sujet montrent que l’essaimage vient plutôt des entreprises jeunes et petites
  2. Les start-up issues de la recherche sont les nouveaux moteurs de l’économie…alors que les travaux de recherche en économie montrent qu’en Europe, l’impact économique des créations d’entreprises high-tech reste faible
  3. Les secteurs high-tech sont les principaux moteurs de la croissance et de l’emploi…alors que les chercheurs économistes montrent que la croissance en Europe vient des secteurs de basse technologie.

Et l’auteur de souligner la communication autour des pôles de compétitivité qui se concentrent sur les secteurs de la haute technologie, les systèmes d’aide associés, etc.

Cet article est éloquent. Encore trop de personnes, d’institutions, de décideurs politiques ne jurent que par la haute technologie comme élément moteur de l’économie et moyen unique de sortir de l’impasse actuelle.

Un lien direct est malheureusement ensuite fait avec la notion d’innovation….la conclusion toute trouvée étant que l’innovation n’est communicante, valorisante, digne de financement et d’aides multiples que si elle est « technologique », issue de travaux de R&D plus ou moins fondamentaux,…

Trop d’articles de presses spécialisées, de littératures, de discours officiels (ministères, CCI) oublient que l’innovation, si l’on peut la définir très succinctement (et arbitrairement) comme la rencontre d’un besoin avec un marché non encore adressé, est d’une nature beaucoup plus complexe et diverse.

Si l’on suppose que la plupart des innovations ont comme objectif la création de valeur pour le client, ce qui est innovant n’est pas obligatoirement le produit ou le service proposé.

  • Peut être innovant le système de production de ce dit produit ou service (coût de production faible, délais de mise sur le marché raccourcis, …)
  • Peut être innovant aussi le circuit de distribution, la manière d’atteindre le client,
  • Peut être innovant encore, le système de tarification,
  • Peut être innovant la gestion de la relation client, le modèle économique de l’activité, etc.

La liste peut être longue. Le propos ici est de dire que « l’innovation » n’est pas une notion réservée à certains acteurs de filières plus ou moins technologiques. L’innovation n’est pas la propriété de PME relativement importantes ou de grands groupes. Les processus, outils d’analyse, techniques, modes de pensée, financements, etc. ne devraient pas être réservés à une certaine population d’entreprises ou d’entrepreneurs. Ils devraient être adaptés et proposés auprès d’un nombre le plus grand possible d’entreprises. En ce, en respectant les contraintes spécifiques des ces entreprises (capacités d’investissements réduites, fonctions supports limitées, visibilité marché souvent relativement courte, etc).

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